L'Atelier Marseille 4-5 s'intéresse aux initiatives collectives -habitantes et municipales- attachées à la transition environnementale dans le quartier et dans la ville.

Par "transition environnementale", nous entendons les actions visant à établir un changement des usages, des pratiques, des aménagements de l'espace et des politiques en réponse au changement global (climatique et en termes de biodiversité) en cours - visant l'atténuation ou l'adaptation aux changements environnementaux. 

Transition environnementale, plutôt que transition écologique - car nous considérons l'environnement dans un sens large, qui inclue l'environnement comme cadre de vie des sociétés locales. 

Le terme est mis au pluriel car nous reconnaissons la diversité et l'hétérogénéité de ces "transitions", leur faible coordination et parfois leurs incohérences, leur coexistence avec les usages et aménagements actuels des espaces urbains qui ne sont pas prêts de disparaître.

L'Atelier Marseille 4-5 s'intéresse à ces changements, et tout particulièrement aux dimensions sociales de ces transitions environnementales - tant il paraît difficile de conduire une "transition environnementale juste", tant les classes populaires paraissent à la fois particulièrement vulnérables à ces changements, et oubliées par les politiques ou les initiatives de transition dont le coût n'est pas toujours envisagé de manière équitable.

En 2023, il s'est attelé aux thèmes suivants: l'école et l'environnement, face à la chaleur urbaine, espaces publics de demain, mobilités durables

L'école se saisit de la question du changement global, à plusieurs niveaux. D'abord, parce que la question du réchauffement climatique se pose directement dans les bâtiments scolaires (particulièrement vétustes à Marseille), et dans cours d'école souvent très minérales et peu ombragées, pour des groupes d'âges particulièrement vulnérables à la chaleur. Ensuite, parce que l'éducation à l'environnement, au "développement durable" et aux "transitions écologiques", prennent une importance croissante dans les curricula et les pédagogies, et nécessitent de pouvoir s'appuyer sur un accès plus facile à des espaces de nature - potagers, jardins publics, jardins et fermes pédagogiques, sorties hors de la ville, etc.

Le réchauffement climatique pose des questions spécifiques aux villes, caractérisées par un bâti parfois dense et peu propices aux circulations d'air, des espaces très minéraux où la chaleur reçue et la chaleur produite peinent à se disperser - ce qui produit ce qui est communément appelé des "ilots de chaleur urbains". La spatialisation et la mesure de ces "îlots de chaleur urbains" sont encore contestées chez les climatologues (validité, échelle, temporalités). L'inégalité des vulnérabilités de population à la canicule est forte - mais ses critères restent à affiner: classe sociale et âge, lieu de résidence et la morphologie du bâti, mais aussi degré de lien ou d'isolement social. Les pouvoirs publics, municipaux notamment, commencent à se saisir de la question - les mairies de secteurs, compétentes sur le care de vie, en agissant sur le rafraîchissement de l'espace public (places, rues, jardins, friches).

L'adaptation au changement global (bouleversements climatiques, crises de la biodiversité) est au cœur des enjeux de la ville de demain. Élus et agents municipaux se doivent donc d'en tenir désormais systématiquement compte dans leurs propositions et projets urbains. De même, les professions et métiers de la construction urbaine (architectes, urbanistes, paysagistes, ...) accordent une place croissante à ses enjeux. Ceci entraîne notamment l'évolution des pratiques professionnelles comme des formations et enseignements qui conduisent à ces corps de métiers. 

Enfin, l'ajustement des espaces publics au changement environnemental se fait aussi (pas seulement) par l'échelle locale, par le bas, par des initiatives citadines, habitantes, amorcées, soutenues ou imitées par les institutions publiques de proximité. Mais si "faire la ville par le bas" a toujours existé, la reconnaissance, la diffusion, la généralisation et la pérennisation de ces initiatives demeure un défi.


La question des mobilités, des personnes et des biens, est au coeur de bien des politiques (Zone à Faible Emission, mobilités durables), sans que la mairie ait la main sur les instruments d'une politique des transports décarbonée. Celle-ci d'une part relève de l'échelle métropolitaine et régionale; mais d'autre part, les mobilités sont aussi la résultante des formes urbaines héritées - marquées dans l'agglomération marseillaise par un extrême éclatement (étalement et fragmentation urbaine). Pour autant, plusieurs pistes visant à promouvoir des mobilités "durables" sont explorées, avec des effets inégalement ressentis selon les quartiers, les groupes sociaux et les secteurs d'activité.

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